Voilà une critique du roman de P-A Orloff publié par Rivière blanche.

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L’effroyable vengeance de Panthera samedi 22 novembre 2008, par Maestro

Pierre-Alexis ORLOFF

France, 2008

Black Coat Press, collection "Rivière blanche", 204 p.

ISBN : 978-1-934543-59-7

Ce nouveau roman de chez Rivière blanche inaugure une série qui promet d’être gouleyante ! Avec un titre dont l’aspect second degré est totalement assumé, on a entre les mains un hommage aux romans feuilletons d’antan et à tous ces personnages devenus légendaires dans la littérature française, Arsène Lupin, Fantômas, etc… Le jeu qui s’opère entre le lecteur et les éditeurs est un clin d’œil supplémentaire qui devrait ravir les amateurs (de la savoureuse préface à la note finale de l’éditeur, en forme de mise en abyme).

Dans une France alternative du début des années 60, fort semblable à la nôtre excepté sur certains détails (Ringo Starr remplacé par un certain Pisko, par exemple), une mystérieuse et sensuelle jeune femme, Alice, devient, la nuit venue, Panthéra, créature féline redoutable, le temps de s’introduire dans la propriété d’une vieille anglaise en région parisienne. Elle est toutefois poursuivie par un centaure et une nymphe, êtres venus directement de Faërie, monde invisible parallèle qui entretient des relations étroites avec celui des humains traditionnels depuis la Seconde Guerre mondiale. L’intrusion tournant mal, la police s’en mêle, par le biais de l’inspecteur stagiaire Antoine Carlier, tandis que Percival, le jeune bourgeois, fils de la maison, ne reste pas insensible au charme indicible de Panthéra… Peu à peu, on en vient à découvrir le passé obscur de tous ces protagonistes, lié aux démons que les nazis invoquèrent dans l’espoir de renverser l’issue due l’embrasement international.

On pense bien sûr à La féline, fameux film de Jacques Tourneur, mais aussi au diptyque de Johan Heliot, Faerie Thriller et Faerie Hackers, l’efficacité étant ici particulièrement redoutable : la psychologie des personnages est finement cernée, et le rythme trépidant magnétise véritablement le lecteur. Un univers palpable de réalisme, dans lequel l’occultisme est de rigueur. Quant au personnage de Panthéra, il s’inscrit dans une longue lignée d’êtres tiraillés, qui va du docteur Jekyll à Hulk, avec cette idée très classique de vengeance familiale. Ce qui l’est moins, c’est la relation homosexuelle qu’Alice entretient avec sa complice Tanya. Vêtue d’une combinaison moulante en cuir noir, Panthéra, proche d’un Serval (alias Wolverine) de par ses griffes, a d’ailleurs tout du fantasme sexuel !